mardi 16 juin 2009

Liberte cherie!


Ayant ete musele par le gouvernement chinois pendant mes 10 jours dans le Xinijang (photo et video du Lac Karakul), je retrouve enfin a Douchanbe ma liberte d' expression via mon acces au blog. Mise a part cette censure, je garde un souvenir exceptionnel (peut-etre le meilleur) de ce trop court sejour dans cette province qui fut une parfaite introduction a l Asie Centrale et la Route de la Soie. La video du Chinois me chantant un air d'opera russe au marche d'Urumqi en est la parfaire illustration. Et je n' ecris pas cela uniquement parce que je suis encore suivi par les sbires de Pekin. Les fotos sont sur http://www.picasaweb.google.com/ndarkanian
Je reste au Tadjikistan jusqu au 27-28 juin, date du depart pour l' Iran ou je retrouve l' ami Guigui pour 2 semaines d' echauffourees dans les rues de Teheran! J'espere cependant ne pas etre a nouveau prive ma liberte de blamer.
Plus je vais vers l'ouest (Go west!), plus les gens me ressemblent: le Caucasien que je suis se sent presque deja chez lui!
Papa, Maman (re-bon annif!), je me porte on ne peut mieux. Je n'ai toujours pas attrappe la malaria, la syphilis ni la moindre petite turista alors que je mange a peu pres tout ce qui me tombe sous le pied. J'ai juste perdu quelques kilos non pas parce que je ne me sustante pas assez (bien au contraire) mais tout simplement car je marche quotidiennement un peu plus que pour aller de mon bureau en salle de reunion. N'en deplaise a Dr Guigui, je defie chaque jour un peu plus les lois de l ophtalmologie en mettant mes lentilles a rude epreuve et pas le moindre glaucome en vue.

Batches


Yangon, capitale de la mode


Le passage de la Thailande au Myanmar est comme un voyage dans le temps, un retour 50 ans en arriere. Pourtant, c est peut etre le peuple le plus fier de son pays que j ai pu connaitre. Par un vieux reflexe anticolonialiste face aux Anglais, la junte a decide il y a 15 ans que les voitures ne circuleraient plus a gauche. Mais comme depuis 20 ans, le pays n importe plus de voiture, c est sans doute le seul endroit au monde ou on roule a droite avec le volant...a droite. Autrement dit, visibilite totalement nulle pour le chauffeur lors des depassements ce qui ajoute encore un peu de piment aux pistes de montagne.
Je quitte rapidement l enfer urbain de Yangon et ses 40 degres (une bonne preparation a l Iran en juillet) pour le Lac Inle a 300km au nord de la capitale soit...16h de route. Au depart du bus, je fais la connaissance de la seule etrangere: une Slovaque qui hesite entre ses deux voies de predilection: la meditation ou le couvent. Autant vous dire que ce furent 16h de grosse deconnade.
A l arrivee, trek de 2 jours jusqu a Kalaw et une nuit magique dans un monastere avec les chants des jeunes novices en guise de reveil matin sur les coups de 5h. Tout au long de l excursion, mon guide, le placide Phyone Cho, s ecrie: "Oh! My Buddha!" comme d aucuns diraient "Oh! Mon Dieu!" et moi "Oh! Putain!".
Mais le Myanmar ne serait pas tout a fait ce qu il est sans les mysterieux "fashion shows" que prosposent les rares boites du pays et que nous avait recommandees un Neo-Zelandais (pas Ian, un autre). Ainsi, pour notre dernier soir dans le pays, Andreas (un Allemand) et moi, decidons de feter dignement notre depart en decouvrant la nightlife de Yangon. A 21h30, nous sortons. A 22h, plus la moindre petite gargotte d ouverte. Pas un quidam dans les rues. Nous prenons un taxi et confions au chauffeur la difficile mission de nous trouver un bar en mesure d apaiser notre gosier. Le proprietaire de la Toyota Corolla 1986 (modele qui represente a peu pres 80% du parc automobile national) arrive a nous degotter la perle rare a la peripherie de la ville. Le bar est sur le point de fermer mais on tombe sur 2 Birmans, types Indiens, qui nous invitent a leur table: Assim, petit, affable et anglophone et Hamib, un colosse en debardeur laissant apparaitre des traces de brulures multiples. Ahmed a vite fait de nous traduire (Hamib ne parlant que le birman) qu il convient d appeler son ami "Mister Hamib", puisque c est ainsi que tout le monde l appelle et le repecte. D ailleurs, il est connu comme le loup blanc du tout-Yangon et a ses entrees un peu partout. Assim vend des hardwares sur la capitale et Mr Hamib est manager d une boite specialisee dans la confection et le recyclage de bouteilles d eau minerale(!!!). Mais ce soir, ni Assim ni M. Hamib n ont vraiment envie d eau minerale. Ils nous proposent d aller a la meilleure boite sur la capitale: le I.Q.! Mister H prend le volant d un 4*4 local qu il a paye a prix d or et nous conduit jusqu au club en manquant d ecraser 3 pietons et de s encastrer dans le parking.
A l interieur, une fois assis, Assim me jette une fille dans les bras en me disant: "Just for friendship". N etant pas specialement en manque d amis, je m eclipse vers la piste de danse avec l Allemand sur fond d Ace of Base. Pour ne point deroger a la regle d asie du Sud-Est, la zone grouille de filles cherchant se a lier d amitie pour quelque menue monnaie. Quant a M. Hamib, il reste a la lisiere du dancefloor, hermetique au beat endiable de Happy Nation et utilise comme technique d approche l empoignade violente de toute fille passant dans son perimetre, ce qui a le don de les terroriser.
Un peu las du spectacle, nous decidons de descendre dans la partie pub de la boite, ou (d apres nos guides qui ne nous en disent pas plus) se deroulent les defiles tant desires. Faisant face a une vingtaine de tables ou sont assis les clients, des locales par groupe de 10 defilent a la chaine sur une estrade. Elles sont grandes, minces, petites, rondouillardes... il n y a manifestement pas de fil directeur ni de theme pour cette saison. Si je devais malgre tout en choisir un, je placerais la collection sous le signe de la Grande Depression ou du Spleen parce qu elles defilent comme on monte a l echafaud. A la fin de chaque show (d environ 2 minutes), une fille voire plusieurs se voi(en)t decerner un collier de fleurs. On demande a nos 2 hotes ce que tout ca signifie: la laureate se doit d aller rejoindre le client qui lui a offert les fleurs a 5$ et de converser avec lui. S il ne lui plait pas, elle est libre de rentrer chez elle. S il a passe l examen de passage, elle lui fixe son tarif pour la nuit. S il lui plait beaucoup, elle peut choisir de lui "offrir" la nuit.
On assiste a cette collection hiver pendant une bonne heure, ponctuee par les huees et les pouces vers le bas de nos deux empereurs peu sensibles a cette nouvelle ligne.
Nous rentrons finalement a la guesthouse, conduits par Hamib (pardon, Mr Hamib) dont la facon de piloter me rappelle etrangement celle de ma chere maman quand elle avait encore le courage (ou plutot la temerite) de prendre le volant. Quelle bonne nuit je vais passer...


Un témoignage vidéo du défilé avant de me faire censurer:

mercredi 3 juin 2009

Bangkok Dangerous

Suite et fin de la Thailande avec le retour de l archipel de Ko Chang sur Bamgkok en bus de nuit le vendredi 8 mai. Arrivee le samedi a 4h du matin en centre-ville pour un vol vers Yangon a 7h15. A ma descente de bus, je suis le seul etranger et suis interpelle par 3 flics qui me demandent de les suivre. Fort de mon experience de Tampa et de mes presque 30 ans d une vie qui m a rarement epargne, je me montre docile et obtempere. Ils m emmenent au poste de police du teminal de bus et se mettent a inspecter avec minutie tous mom paquetage. Encore dans le coltard le plus profond (j avais pour une fois reussi a fermer l oeil dans le bus), j imagine le pire: et si la conspiration turco-thai avait profite de mon assouppissement? Je vois deja les forces de l ordre sortir devant mes yeux effares 5 kg d herbe fraichement coupee... Je sors mes quelques bahts pour leur prouver que je cede a leur chantage et j aggrave mon cas. Ils empochent mon bakchich et leur prime et je file en detention provisoire. Ardisson monte un "Nicolasthon". SuperSarko, toujours soucieux de detourner pour quelques temps l attention des Francais en cette periode de sinistrose aigue, me rend visite dans ma cellule, fait la connaissance des 2 sodomites et du ladyboy qui me servent de colocs puis part pour Koh Phi Phi avec Carla pour 2 semaines. Son intervention ne fait qu echauffer un peu plus le gouvernement thai qui se braque et decide le 14/11/09, jour de mes 30 ans, de me condamner a la peine capitale. J arpente le couloir de la mort et je rouvre les yeux: ils n ont rien trouve et me laissent partir, fier comme Darkanian d avoir reussi a dejouer le gang de Bangkok...

mardi 2 juin 2009

Job 2 do

Je prends conges de mon Iberique qui s est montree bonne joueuse et retrouve le pere Alexis a Krabi pour un parcours dans les sentiers battus a plate couture. On a joue a Di Caprio et Guillaume Canet sur "The Beach". Pas de Virginie Ledoyen a l horizon mais une horde de British de Southampton, gonfles aux steroides et au houblon, un peu bourrins ("Fuck that shit man!") donc forcement sympas. Rencontre avec le seul occidental qui vit l ile de Maya Bay et qui a la question "where do you come from?" a eu cette reponse formidable, que j avais toujours revee d entendre : "I don t know man...". Sa facilite deconcertante a passer du fou rire au spleen le plus profond, cetainement aide en cela par quelques mets et parfums dont seuls les thais ont le secret.


Retrouvailles avec Zmorda qui a reussi cette fois-ci a monter dans l avion. A peine a-t-elle le temps de poser son sac a dos qu on assiste a un authentique naufrage dans la baie de Koh Phi Phi, a notre retour de la plongee. Les locaux avaient eu l idee brillante de charger comme Exodus un bateau aussi gros qu une boite d allumettes pour faire une sortie snorkelling.


Le reste du sejour est passe a la vitesse de l eclair, rythme par les sons des guitares sans corde qu Alexis trouvait sur notre chemin. Les neons de Patpong, le quartier des filles de joie de Bangkok, avec Zmorda, les splendeurs d Angkor a velo par un soleil assassin, encore avec Zmorda, le dortoir en plein air a 1$ de Siem Reap encore et toujours avec Zmorda.


Ce debut de sejour accompagne fut fantastique. La suite, un peu plus solitaire, l est tout autant. J ai decide de sacrifier le Laos et le Tibet sur l autel du Mynamar et du Nepal.J y reviendrai de toute facon, c est promis.

No man s Thailand

J entame une de ces journees bateau-train-moto-taxi-bus pour la traversee de la frontiere entre la Malaisie et la Thailande et fais la connaissance d une Catalane prenomme Estela, routarde dans l ame, un cote "clocharde magnifique", certains diront plus clocharde que magnifique. Toute heureuse de tomber sur quelqu un maniant la langue de Cervantes a merveille, elle m abreuve de palabres pendant tout le trajet alors que je viens de passer une nuit blanche en Malaisie a l occasion de mon dernier soir. Elle me sort une photo de mes colocs et commence a mes les decrire un par un. C est a ce moment precis qu intrigue par un des visages de la foto (ressemblant a un Hobbit sorti tout droit de la Comte), je lui demande "C est qui lui?" en souriant et en m attendant a ce qu on se paie une bonne tranche de rigolade devant la vision de ce drole. Elle me repond simplement: " C est moi." Je retorque 'Ah mais oui!" tout en constatatant qu il n ya pas la moindre brindille a laquelle se raccrocher a des centaines de kilometres a la ronde. Rien. Le desert. Le vide intersideral...

Photos Myanmar



J ai mis a jour les photos du Myanmar sur picasaweb. Je ne desespere pas d ici la fin du voyage d avoir et les photos et les commentaires a jour...


Malaisie mollo

Je boute les Rosbeefs Fab et Bertrand hors d Indonesie et enchaine sur la Malaisie et Kuala Lumpur pour apprendre que Zmorda a reussi l exploit de rater son vol. Condamne a la solitude un peu prematurement, je pars pour les iles Perhentian sur la cote est du pays, ou je fais la connaissance d un couple a mes yeux ideal a premiere vue. Elle, Napolitaine de 31 ans au caractere bien trempe et lui, Neo-Zelandais de 25 ans, capitaine de son equipe de rugby au corps taille dans la roche, maries depuis 9 mois et voyageant avec leur petite Julia d a peine 3 mois. Les locaux qui adorent particulierement les bebes la couvrent d attention. Tres vite, le tableau s obscurcit. Je passe l apres-midi avec le Kiwi qui vient de se brouiller avec sa Dona sous pretexte qu elle a eu l outrecuidance de ne pas l inviter a partager le bapteme marin de la petiote. Je comprends son courroux. Cela dit, est-ce une raison suffisante pour ponctuer toutes ses phrases d un "Check that chick!" que l on peut traduire litteralement dans la langue de Moliere par 'Mate cette poule!"?
La nuit tombe et il n a toujours pas adresse la parole a son epouse qui va se coucher avec le bebe. On sort sur la plage la plus animee de l ile et au bout de quelques cervoises locales, il me propose d engager la conversation avec 2 voisines d outre Manche et prend le soin avant de passer a l action de fourrer son alliance dans son maillot de bain. Meme si la tentative se revele infructueuse ce soir la , il est determine pour aller les retrouver sur la plage des le lendemain. Celui-ci venant, la reconciliation avec sa femme et surtout la pluie calment ses ardeurs, ce qui ne l empeche pas de s extasier, sa fille dans les bras pendant le coucher de soleil, sur la lune toute en rondeurs de certaines vacancieres. Le lendemain, je quitte l ile et le laisse pas inquiete outre mesure de decouvrir que les petites Anglaises ont decide de changer de plage et de s installer dans notre guesthouse...
Un peu amer de les abandonner (le couple, pas les Anglaises), je me console convaincu que je serai convie a leurs noces de chene.

Les bouges de Jakarta


La suite du periple, avec Fabien et Bertrand, fut aussi riche en paysages et en rencontres. Le contraste assez saisissant entre l ile de Java et celles a l est (Bali, Lombok, Gili) se traduit tres concretement par le passage d un chaleureux et adorable "Hello Mister" a un odieux et machiavelique 'Hello my friend" ou pire "Hello Bro"...
Bouquet final pour notre premiere et derniere nuit a Jakarta: la boite mentionnee par le tres respectable "Lonely Planet" est infestee de "dark corners" occupes par des filles de petite vertu encadrees elles-memes de facon presque corporate par des rabatteuses et leurs N+2. Les quelques occidentaux presents nous lancent des petits regards complices et entendus de gros degueulasses assumes. On aimerait leur dire qu on est innocent mais c est comme en taule: 'on est tous innocent!". Un Canadien libidineux trouve en la personne de Bertrand un oreille attentive et lui fait part de son mecontentement suite a la prestation d une des masseuses. Bertrand hesite a lui souffler qu il travaille pour une banque canadienne (!!) mais renonce, estimant que ce n est pas tres a propos. Retour a l hotel en taxi non sans un dernier controle de flics qui nous aurait pu nous couter cher si on n avait pas fini l heroine la veille...
Fin de la page Indonesie en apotheose.