dimanche 13 décembre 2009

L'argent fait parfois le bonheur

Après trois semaines au Pérou, j'arrive à La Paz où je retrouve Thomas qui a réussi à boucler sa connexion à Miami en moins de sept heures, ce qui relève de l'exploit vu son passif de de criminel multi-récidiviste. En tant qu'ex-compagnon de cellule et bientôt résident de la Belle Province, je ne pense pas être capable d'en faire autant lors de mes éventuels voyages chez mon futur voisin. Les services d'immigration ont un peu bronché en apprenant que sa destination finale n'était autre que le premier producteur de coca au monde mais ont fini par le laisser passer.

Les quinze jours qui suivent sont presque autant de records du monde. Le premier week-end passé dans la capitale la plus haute du monde (3800m) est l'occasion de voir l'équipe nationale de foot affronter un Brésil presque aussi apathique que l'équipe de France au niveau de la mer. Score final: 2-1 pour la Bolivie.




Record suivant avec la route la plus dangereuse du monde dite "Ruta de la Muerte" (cf vidéo) qui d'après nous ne serait pas ce qu'elle est si elle n'était pas descendue à vélo via l'agence la moins chère de La Paz. Qu'est ce qu'une vie après tout quand on peut économiser 30€ par tête? On décide donc de se débarasser du superflu à savoir la sécurité et le résultat est assez édifiant. Le guide commence par arriver en retard en nous expliquant que les vélos n'avaient pas pu être révisés ce matin à la suite d'un cas de force majeur: le mécanicien s'est collé une marmule tellement monumentale la veille qu'il n'a pas pu se lever. Que répondre face à un argument aussi implacable? Il n'est naturellement pas question un seul instant de protection pour dévaler les 70km de piste cabossée à flanc de montagne. La descente des 3600m de dénivelé (de 4800m à 1200m) se chiffre pour Thomas à 6 changements de vélo pour causes diverses et variées: freins défectueux (quand il y en a), chaîne qui lache, roue voilée, le tout sur un sentier parfois étroit de trois mètres et au bord d'un précipice de 500m. Le guide consciencieux et rigoureux ne manque pas de nous expliquer le nom donné à chaque virage: celui-ci a été baptisé virage français car deux cyclistes y ont fait une chute mortelle, celui-là le virage des Brésiliens car un car de Brasilos y a péri dans des souffrances atroces. Bizarrement, on refuse la photo devant le virage français. Avec 300 morts par an, la route est constellée de croix chrétiennes...


On poursuit avec l'Illimani, le plus haut sommet de Bolivie (6500m) avant de partir pour Sucre et de cocher le record suivant: le passage par Potosi, la ville la plus haut du monde (4100m).



La traversée du Salar de Uyuni (photos ci-dessus) se termine par l'ascension du Licancabur (photo ci-contre) qui contient le lac le plus haut du monde (6000m).
Enfin, le retour en bus de nuit de Uyuni à La Paz est certainement la consécration de tous les efforts consentis. Le bus part vers 20h, chargé de locaux et de touristes, dont un groupe de jackies comme seul notre beau pays sait en produire: une dizaine de quinqua beuglant des chansons de colo sans se soucier de leurs voisins autochtones, encouragée dans leur betise par le rire hystérique d'une de leurs membres. A 22h, le bus s'arrête, bloqué par un camion ensablé en travers de la route. Le chauffeur du camion refuse de vider son chargement pour alléger son véhicule et tenter de le dégager. Celui du bus à l'air bien décidé à ne prendre aucune décision... Au bout d'une heure de tergiversations, Thomas sonne le glas de la révolte et nous descendons avec une poignée d'autres touristos pour vider la benne de ses 5 tonnes de minerai d'argent. La colo de jackies est restée terrée au fond du car et est soudain à court de chansons. On passe donc une heure à décharger une soixantaine de sacs de sable de 40kg chacun en pleine nuit et quand le camion arrive en face, le notre est suffisamment léger pour être treuillé et nous laisser la voie libre. Les résistants de la dernière heure boliviens qui jusque là se contentaient de nous regarder nous casser le dos se joignent alors à nous pour pousser le camion tous en coeur. La route est enfin dégagée et nous regagnons la capitale le lendemain matin, des étoiles d'argent plein la tête.

Les photos de Bolivie et d'Argentine sont sur: http://picasaweb.google.com/ndarkanian

lundi 16 novembre 2009

Half the World Away


Suite à une multiplication de coups du sort (carte mémoire véroléé, appareil photo ensablé puis perdu, bug généralisé sur picasa), j'ai été plutôt avare en nouvelles et photos. De retour auprès des miens dans la plus belle ville du monde, j'ai enfin réussi à faire face à cet acharnement du destin.

Les photos d'Equateur, où j'ai caressé en même temps les deux hémisphères quasi-parfaites de notre belle Terre, sont sur: http://picasaweb.google.com/ndarkanian

Celles du Pérou y figurent aussi mais manqueront à tout jamais celles du Machu Picchu, perdues avec mon appareil photo de remplacement sur la Route de la Mort en Bolivie. Une raison de plus pour y retourner un jour...

Suivront la Bolivie et l'Argentine très prochainement.

La vidéo suivante vous aidera un peu à comprendre comment j'ai pu casser mon appareil photo:



Le coup de la panne péruvien:

mardi 8 septembre 2009

Chronique d'un succès annoncé


"Colombia: el unico riesgo es que te quieras quedar" (Colombie: le seul risque c'est que tu veuilles y rester), la campagne de communication de l'office du tourisme colombien nous avait prévenus. Jamais en effet autant de superlatifs ne s´étaient donné rendez-vous dans un seul et même pays.

J' ai passé la première semaine á Mompos (autoproclamée "région des oranges sucrées et des belles femmes") puis a Cartagene a faire du kite-surf a ma facon, c'est á dire juste le temps de m'ouvrir l'arriere du crâne avec ma planche, dont je ne suis decidement pas le meilleur ami, ce qui m'a couté une soirée aux urgences et trois points de suture. J'ai surtout profité des ces premiers jours pour savourer le manuscrit de "De l'infini, un tout petit peu" d'un certain Pierre Darkanian, dont vous n'avez pas fini d'entendre parler (je devance ainsi les journalistes littéraires dans l'utilisation de jeux de mots douteux) et qui est une merveille de créativite, de lucidité, d'humour et de poésie. J'espère donc qu'aux millions de lecteurs auxquels ce roman est promis viendra s'ajouter mon modeste millier de visiteurs quotidiens. N´hésitez pas cependant avant qu'il soit disponible dans toutes les bonnes librairies á me faire part de vos contacts étroits avec les maisons d'édition "qui comptent".

Les deux semaines suivantes en compagnie des deux Decker (Raf et Nico) appartiennent desormais a l'Histoire tant elles furent jalonnées de rencontres improbables et de paysages aussi splendides que variés. Des rencontres comme celle de Gilbert, un Francais qui vit en Robinson avec sa femme colombienne a Playa Blanca et qui exigeait de son neveu et son copain qu'ils lisent tous les jours quelques pages de la Bible avant d'avoir le droit de se fumer des petards... Des paysages comme ceux de la Cite Perdue, dont le trek en principe prevu sur 6 jours ("pour montagnards aguerris" dixit Le Petit Fute) a ete bouclé en 3, grâce au rythme infernal imprimé par un guide au nom predestiné: Castro, qui ne se retourne que quand sa journée de marche de 10h est terminee. Le baptême du feu en matiere de trek de Raf et Nico s'est plutot rapproché du bizutage et a parfois même failli virer au rappatriement (ref video2).

L'auteur de "De l'infini..." a ensuite remplace nos 2 trekkeurs pour une nouvelle quinzaine cette fois-ci dans la Zona Cafetera puis la Cote Caraibe, avec un passage par Medellin oú nous avons éte accueillis comme des princes par une famille franco-colombienne dans un superbe appartement construit a la grande époque de Pablo Escobar pour "El Patron" et ses hommes de main. Comment ne pas citer aussi la halte obligatoire a Santa Marta, ou nous nous sommes prosternes devant la statue de Carlos Valderrama dit "El Pibe", qui est a la Colombie ce qu'est Jacek Ziober a la Pologne?

Pierrot est reparti a son tour, et j'ai continué seul vers Cali avec notamment une visite culturelle du centre commercial Chipichape, surnomme a juste titre "Silicon Valley" par les locaux. J'ai aussi fait du parapente dans la region, dans des conditions de sécurité optimales, comme en atteste la video postee (1).

Je suis depuis une petite semaine en Equateur et j 'ai eu beacoup de mal a quitter Quito, dont je publierai les fotos incessamment sous peu. "Mientras tanto", j'ai transfëré celles de la fin de la Colombie, comme le veut la coutume, sur: http://picasaweb.google.com/ndarkanian




dimanche 23 août 2009

LOCOmbia!!!


Saludos,


Les fotos de mon 1er mois en Colombie sont sur: http://picasaweb.google.com/ndarkanian

Les commentaires et videos suivront muy pronto.


Hasta luego

jeudi 16 juillet 2009

vendredi 10 juillet 2009

Yerevats!



Tel Noe quand son Arche s'est echouee au sommet du Mont Ararat (photo), c est le cri que j'ai pousse (Yerevats: "c'est apparu!") en entrant hier dans la ville si souvent revee mais jamais visitee.


Je n' ai a vrai dire pas doute un seul instant de mon succes car j'etais convaicu que les tracas passagers (le coup d'etat iranien, la saturation de mon passeport, la lethargie des services consulaires francais) ne pouvaient rien contre la marche ineluctable de l'Histoire. Au contraire, les obstacles n'ont fait que decupler le plaisir et la satisfaction de gagner la Terre Promise!


Comme prevu, le plan que mon cerveau de fin stratege avait elabore en cas d'echec des relations diplomatiques franco-lettones baptise "Plan Georgie" ou "Plan G" a fonctionne a merveille. En effet, apres avoir fait les frais une fois de plus les frais de l'incompetence des services consulaires des petits pays en Lettonie, j'ai decide de privilegier une entree en Armenie avec un passeport plein via la Georgie par la route plutot qu'en vol direct depuis Riga, en misant sur la souplesse et la corruptibilite de mes compatriotes a la frontiere terrestre.

J'ai donc atterri a Tbilissi, capitale du seul pays du Caucase a ne pas exiger de "visa-timbre"ni d'argent. Apres une nuit passee sur place, je suis parti des l'aube en bus pour Yerevan, a 7h de route. Au bout de 2h, le passage de frontiere m'a quand meme provoque quelques sueurs froides. Les services d'immigration georgiens ont hesite a me laisser sortir et m'ont affirme que les autorites armeniennes ne me feraient de toute facon pas rentrer. Je suis parvinu a les convaincre en usant de tous mes arguments: vol de retour deja prevu, dernier pays de mon voyage asiatique, sejour de seulement 6 jours, origines armeniennes, retrouvailles avec la famille... Tout y est passe et c'est passe!

Restait a passer l'immigration armenienne, ultime etape (video). Je tenais deja bien prete ma liasse de dollars , bien decide a convertir les fonctionnaires recalcitrants. Ces derniers, meme s ils ont paru sceptiques quelques secondes qui m'ont paru une eternite, ont fini par coller le precieux sesame en maugreant dans ma douce langue d'origine a laquelle je ne comprends strictement rien, sans meme me demander le moindre dollar en plus que ceux du visa. Le Jardin d'Eden s'ouvre enfin a moi! La terre de mes aieux me tend les bras! Le Feu Sacre ne m'a donc jamais quitte!
Il ne me reste plus desormais qu'a attendre la Sagrada Familia qui arrive demain, en contemplant le Mont Ararat. Une fois reunis, nous pourrons enfin baiser le sol de la Mere Patrie et celebrer comme il se doit l anniversaire surprise du padre avec 6 mois de retard.
J'ai une pensee pour Guillaume que les troubles en Iran puis mes deboires diplomatiques ont contraint a tirer un trait definitif sur nos vacances ensemble...
Aussi difficile cela soit-il a faire, je pense deja a gerer l'"apres-Yerevan" de facon a prouver qu'il y a bien une vie apres l'Armenie. Cet avenir s'annonce radieux puisqu'apres un passage par Paris du 15 au 20 juillet, je repars pour l'Amerique du Sud en attaquant par le plat de resistance: Colombia avec Raf et Nico Decker! Mes dates approximatives sont donc:
21/07-25/08: Colombie
25/08-08/09: Equateur
08/09-09/10: Perou-Bolivie
09/10-11/11: Chili-Argentine


PS: j'ai transfere les photos de la Lettonie, qui tombent un peu, j'en suis conscient comme un cheveu dans le borsch. Le visionnage est pour une fois facultatif: http://picasaweb.google.com/ndarkanian
J'ai ausi le temps d'ajouter au blog quelques videos (cf mails precedents).


samedi 4 juillet 2009

Tadjikistan mis a jour!

Grace a mon retour en Europe (Riga, Lettonie), j'ai enfin reussi a transferer les photos de la fin de la Chine et surtout du Tadjikistan sur (comme d'habitude): http://picasaweb.google.com/ndarkanian
J'ai aussi ajoute une video du vol Brian Air Khorog-Douchanbe a la fin du mail: 'Thanks for flying with Brian Air".
J'aurai des nouvelles concretes de l'ambassade sur mon avenir des lundi.