Les quinze jours qui suivent sont presque autant de records du monde. Le premier week-end passé dans la capitale la plus haute du monde (3800m) est l'occasion de voir l'équipe nationale de foot affronter un Brésil presque aussi apathique que l'équipe de France au niveau de la mer. Score final: 2-1 pour la Bolivie.

Record suivant avec la route la plus dangereuse du monde dite "Ruta de la Muerte" (cf vidéo) qui d'après nous ne serait pas ce qu'elle est si elle n'était pas descendue à vélo via l'agence la moins chère de La Paz. Qu'est ce qu'une vie après tout quand on peut économiser 30€ par tête? On décide donc de se débarasser du superflu à savoir la sécurité et le résultat est assez édifiant. Le guide commence par arriver en retard en nous expliquant que les vélos n'avaient pas pu être révisés ce matin à la suite d'un cas de force majeur: le mécanicien s'est collé une marmule tellement monumentale la veille qu'il n'a pas pu se lever. Que répondre face à un argument aussi implacable? Il n'est naturellement pas question un seul instant de protection pour dévaler les 70km de piste cabossée à flanc de montagne. La descente des 3600m de dénivelé (de 4800m à 1200m) se chiffre pour Thomas à 6 changements de vélo pour causes diverses et variées: freins défectueux (quand il y en a), chaîne qui lache, roue voilée, le tout sur un sentier parfois étroit de trois mètres et au bord d'un précipice de 500m. Le guide consciencieux et rigoureux ne manque pas de nous expliquer le nom donné à chaque virage: celui-ci a été baptisé virage français car deux cyclistes y ont fait une chute mortelle, celui-là le virage des Brésiliens car un car de Brasilos y a péri dans des souffrances atroces. Bizarrement, on refuse la photo devant le virage français. Avec 300 morts par an, la route est constellée de croix chrétiennes...
On poursuit avec l'Illimani, le plus haut sommet de Bolivie (6500m) avant de partir pour Sucre et de cocher le record suivant: le passage par Potosi, la ville la plus haut du monde (4100m).
Enfin, le retour en bus de nuit de Uyuni à La Paz est certainement la consécration de tous les efforts consentis. Le bus part vers 20h, chargé de locaux et de touristes, dont un groupe de jackies comme seul notre beau pays sait en produire: une dizaine de quinqua beuglant des chansons de colo sans se soucier de leurs voisins autochtones, encouragée dans leur betise par le rire hystérique d'une de leurs membres. A 22h, le bus s'arrête, bloqué par un camion ensablé en travers de la route. Le chauffeur du camion refuse de vider son chargement pour alléger son véhicule et tenter de le dégager. Celui du bus à l'air bien décidé à ne prendre aucune décision... Au bout d'une heure de tergiversations, Thomas sonne le glas de la révolte et nous descendons avec une poignée d'autres touristos pour vider la benne de ses 5 tonnes de minerai d'argent. La colo de jackies est restée terrée au fond du car et est soudain à court de chansons. On passe donc une heure à décharger une soixantaine de sacs de sable de 40kg chacun en pleine nuit et quand le camion arrive en face, le notre est suffisamment léger pour être treuillé et nous laisser la voie libre. Les résistants de la dernière heure boliviens qui jusque là se contentaient de nous regarder nous casser le dos se joignent alors à nous pour pousser le camion tous en coeur. La route est enfin dégagée et nous regagnons la capitale le lendemain matin, des étoiles d'argent plein la tête.
Les photos de Bolivie et d'Argentine sont sur: http://picasaweb.google.com/ndarkanian
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