mercredi 1 juillet 2009

Chasse a l homme dans la Vallee de Wakhan


Le Xinijang m a tellement plu que j y suis reste plus longtemps que prevu, "mordant" ainsi sur la periode couverte par mon visa tadjik. Resultat: a mon arrivee a Douchanbe, il ne me reste plus que 5 jours de visa. La procedure d extension de ce visa me contraint a rester une petite semaine dans la moins excitante des capitales de mon voyage.

J arrive finalement a la quitter pour la Vallee de Wakhan (photo ci-contre), dans la Zone autonome du Badakhchan, le long de la frontiere afghane le dimanche matin. Apres 11 controles de police (je les ai comptes) et 26h de piste sur la banquette arriere (donc perpendiculaire a la route) d une "jeep partagee" par 12 passagers pour 7 places, coince entre les bagages des passagers de devant, la bouteille thermos remplie d eau brulante et a l equilibre instable pour le bebe en face de moi et mon voisin s assoupissant systematiquement sur mon epaule, j arrive le lendemain apres-midi a Langar (2800m) sans avoir une seule fois faibli d une paupiere.

Je decide d aller me ballader dans les villages aux alentours pour me degourdir les jambes et finis par tomber sur une famille qui m invite a diner. Ne pouvant refuser, malgre le repas prevu dans ma guesthouse, je penetre chez eux et deguste ces delicieux pains accompagnes de yaourt qui feront le bonheur de mon transit intestinal pendant les 7 prochains jours. A la fin du repas, je les quitte non sans regret et arrivent deux petits jeunes, la vingtaine a peine sonnee qui me proposent de m accompagner jusqu a Langar a pied. Au cours du trajet, je m apercois que mes deux cadets semblent de plus en plus nerveux et que l un deux jette des coups d oeil furtifs a la doublure de sa veste. Leurs positions respectives de facon a me tenir toujours entre eux deux ( l un a gauche et l autre a droite, ou l un devant et l autre derriere) me met un peu mal a l aise. Ils lancent des regards de tous cotes et multiplient les messes basses (en tadjik en plus...). Quand on se retrouve seuls sur la route ou passe une voiture toutes les 2h, j ai un mauvais pressentiment et leur stress devient communicatif. Je prends mon courage a deux mains en prenant mes jambes a mon cou ( ce qui vous en conviendrez releve d une gymnastique assez difficile). Je leur dire en me retournant que je vais etre en retard pour diner (ce qui est vrai ) en leur montrant la montre que je n ai pas. Grace a l effet de surprise et sans doute a une pointe de vitesse hors du commun, j arrive a les distancer et ils abandonnent assez vite, craignant surtout d etre decouverts. Je ne saurai jamais ce qu ils cachaient dans leur doublure: probablement un kalashnikov ou un lance-roquettes afghan. Je rentre a la guesthouse ou je me fais rosser a cause de mon retard. Mais notre langue commune est tellement pauvre qu il est impossible de leur expliquer ce qui m est arrive. N est pas le Mime Marceau qui veut...

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